700 milliards de dollars et moi, et moi, et moi....
A la Saint Damien, vivement demain...
Bonjour aux RG, Gendarmes, Policiers, Douaniers, Journalistes, Agents du Fisc, Partis politiques et autres voyeurs de tout poil !...
Bonjour aussi à ceux qui ne passent jamais par là : mes parents, ma voiture, ma première cigarette et l’ours en peluche de ma tendre enfance.
270ème jour de l’année.
Nous sommes donc en crise. Bien que mon âge dépasse allègrement ma pointure de chaussures et que depuis plusieurs années je bénéficie d’une paisible retraite de nanti avec à mes côtés ma toujours fidèle Lucette, on me parle de crise. Encore de crise devrais-je dire car je crois qu’au final – et depuis que je suis né – c’est le mot dont j’ai le plus souvent entendu aux informations qu’elles soient écrites, radiophoniques ou télévisuelles.
Crise sociale, crise d’épidémie, crise spirituelle, crise sanitaire, crise économique, crise terroriste, crise des marchés, crise au Moyen-Orient, crise au Proche-Orient (par contre c’est vrai qu’on ne parle jamais de la crise du Lointain-Orient, peut-être que tout va bien là-bas…), crise de folie sans oublier ponctuellement (surtout pendant les fêtes …) l’incontournable crise de foie !
Je suis né et j’ai donc grandi avec cette fameuse « crise » et je sens qu’elle me survivra.
Donc oui c’est la crise. Déjà chez l’Oncle Sam. A jouer avec le feu, on se brûle. Ce pays cosmopolite, vieux d’à peine 200 ans qui veut depuis toujours diriger le monde, vient de connaître son troisième tsunami après celui du 7 décembre 41 et celui du 11 septembre 2001. Notez l’évolution du désastre. A Pearl Harbour on s’en est pris à ses navires mais loin de chez lui. En 2001 on s’en est pris à lui sur son territoire. Et aujourd’hui c’est son propre système – en l’occurrence financier – qui implose de l’intérieur.
700 milliards de dollars !... Me demandez pas combien ca représente en euros, roubles, livres ou autres pesos, ma calculatrice date des années 30… Ce que je sais, c’est que ce montant est un premier ballon d’oxygène de survie mais qui ne sera certainement pas suffisant face à l’ampleur de la dite crise. Une crise qui arrive en pleine campagne présidentielle américaine et qui ne sera donc pas sans conséquence. En 41, les affamés du Hamburgers ont pris conscience que certains ne les aimaient pas, en 2001 ils ont réalisés qu’eux aussi pouvaient être attaqués sur leur propre sol et aujourd’hui ils constatent que le monde dans lequel ils évoluent – et contrairement à ce qu’on leur à faire croire pendant 200 ans – est fragile et éphémère comme les autres civilisations (Paul Valéry, il faut citer ses sources !). A ce titre une civilisation tribale africaine basée sur le troc et l’échange est plus solide. "Je te donne cela contre ça". Le crédit n’existe pas donc pas de risque d’endettement et de faillite.
Aujourd’hui où le virtuel s’est imposé dans l’économie mondiale et où les banques se sont précipités dans la spéculation à outrance, la crise est là et elle n’est pas virtuelle.
Alors faut-il ressortir nos bas de laine ? Remettre les pièces sonnantes et trébuchantes (et quelques billets aussi) sous notre matelas plutôt que des lignes virtuelles de chiffres dans notre banque ? Le p’tit excité de Neuilly a évoqué cela hier à Toulon (Heureusement qu’il n’a pas choisi Pearl Harbour comme base navale…). Un discours teinté de gravité et de transparence. Les bas de laine virtuels des Français seront assurés – au besoin par l’Etat. Les modes de rémunération des dirigeants et opérateurs seront encadrés – confirmé le soir même par Laurence Parisot – et il faudra remettre de l’ordre dans les monnaies et dans le système financier et monétaire mondial. Par contre, cette crise ne sera pas sans conséquence sur la croissance économique et sur notre endettement et donc sur notre pouvoir d’achat et donc sur le chômage… Les changements et réformes annoncés vont se poursuivre et gageons même que certaines vont s’accélérer, au nom de la réduction de la dette et des dépenses publiques. Déjà quasi tous les ministères vont devoir se serrer la ceinture mais le Gouvernement ne veut pas être le seul à se priver. Les collectivités locales sont montrées du doigt et on reparle des différentes strates de la décentralisation. Commune, communauté de communes, district, communauté urbaine, communauté d’agglomération, EPCI, Syndicat mixte, Pays (…), départements, régions. Nul doute que certaines sont de trop.
Quid des départements et des régions ? Faut-il les conserver ? Si l’un des deux doit disparaître, lequel doit survivre ? Et pourquoi pas les deux au bénéfice de grandes régions calqués sur les « Landers » allemands ? Le pouvoir d’achat et le désendettement du pays étaient les deux piliers du programme de Sarkozy. Connaissant son caractère (Lucette aime les vendredis soirs à l’inviter pour l’apéro…), nul doute qu’il aura à cœur d’y parvenir. Mais à quel prix ? Il faut compter d’importantes évolutions dans le chapitre « Aménagement du territoire » dans les mois et les années qui viennent.
Quand il a écrit son programme pour l’élection présidentielle, il n’avait certainement pas envisagé pareil crise financière américaine. Il y avait bien assez de la situation de notre pays et des difficultés de l’Union européenne. Car si cette crise est pour l’heure atténuée en France ce n’est en aucune manière grâce à l’Europe mais grâce à notre système bancaire plus prudent. Certes nos banques ont fait aussi de la spéculation et on perdu quelque argent, environ 18 milliards pour l’heure (mais ce n’est que le début), mais en aucune manière l’Europe n’a été un rempart contre cette crise.
A quoi sert donc l’Europe ? On s’aperçoit qu’au fil des crises, cette Europe qui devait assurer paix, prospérité, plein emploi et bonheur à ses membres adhérents, n’offre aucune de ces garanties. Même nos élus manquent de se retrouver écrasés sous un plafond défaillant… Cette Europe actuelle ne sert à rien d’autres qu’être une strate administrative supplémentaire donc un coût supplémentaire. Car il faut bien payer cette énorme machine, le mobilier, l’immobilier, les salaires des agents et des élus, leurs déplacements, leurs logements, leur nourriture, etc…
Cette Europe a pour l’heure plus affaibli ces nations adhérentes (en lui prenant du pouvoir) qu’elle ne les a renforcé. Gageons que cette crise permette de se replonger dans une nouvelle réflexion sur une Europe différente apte à servir véritablement
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Allez Lucette fait tes valises on va enfin pouvoir partir à Deauville !