L'enfant roi
A la Saint Evrard, la musique celte c'est pas ringard !
Bonjour aux RG, Gendarmes, Policiers, Douaniers, Journalistes, Agents du Fisc, Partis politiques et autres voyeurs de tout poil !...
Bonjour aussi à ceux qui ne passent jamais par là : mes parents, ma voiture, ma première cigarette et l’ours en peluche de ma tendre enfance.
227ème jour de l’année.
Maintenant que nos nageuses et nageurs connaissent la spécificité de la piscine olympique de Pékin, les courses se passent mieux. Bernard, Bousquet, Manaudou, Leveaux (…) ont enfin pu exprimer leurs talents dans le cube d’eau « penché ». Il était temps car il ne leur reste que quelques rares occasions pour décrocher leur chèque.
En effet, devenir champion olympique représente une source de revenus. Et le CIO laisse à chaque délégation le soin de fixer le prix de l'or, de l'argent et du bronze. Pour un champion olympique français, la prime est de 50.000 euros. Ensuite, pour l'argent, on passe à 20.000 et ça descend à 13.000 euros pour le bronze.
Dans l’affaire de la gifle sur l’enfant de 11 ans, le tribunal correctionnel (pas moins que cela) d’Avesne-sur-Helpe a donc été « particulièrement clément » puisqu’il n’a condamné le professeur de technologie de 49 ans - auteur des faits - qu’à 500 euros d’amende contre les 800 demandés par le parquet. Je ne connais pas précisément le sujet qui semble délicat puisqu’on parle d’alcool chez le professeur et que le père du garçon est gendarme. Je caresse l’espoir que ce père - qui de par sa fonction est soumis aux insultes et injures quotidiennement - n’est pas porté plainte sans autre motivation que de voir son fils giflé.
En tout cas cela ouvre le débat, enfin plusieurs débats d’ailleurs. Celui de l’Education nationale, celui des jeunes générations, celui de l’éducation parentale. De ces débats là, de ces échecs là, découlent nombre des maux de notre société actuelle. Car les maternités d’aujourd’hui sont les écoles de demain et les écoles d’aujourd’hui sont les sociétés de demain. C’est ainsi. C’est comme les mathématiques : une science exacte, donc facile à anticiper pour peu qu’on en ai le courage.
L’ère de l’enfant roi dans laquelle nous plongeons chaque jour un peu plus n’est qu’un artifice de réalité. Il ne fait que reculer le problème sans le régler. On ne négocie pas avec un enfant, on ne fait pas de chantage avec un enfant, on n’abdique pas face à un enfant. Eduquer c’est savoir enseigner, savoir dire non quand il le faut, savoir poser des limites et des barrières, savoir punir lorsque ces dernières sont volontairement transgressées. C’est apprendre la discipline, l’hygiène, la valeur des choses, le respect de soi et de l’autre, le courage, le travail, le fait que rien n’est du, que tout se gagne. Avoir appris tout cela enfant et adolescent c’est être armé pour rentrer dans le monde des adultes qui est souvent sans pitié. Ne pas les avoir appris, les découvrir brutalement à 18 ans, c’est prendre le risque de voir ses enfants imploser à leurs premières découvertes lors de leur entrée dans la vraie vie. Protéger ses enfants est un devoir. Les considérer adulte avant l’âge est une voie délicate parfois dangereuse. L’enfant peut devenir délinquant précoce ou soumis toute sa vie. Ce qui d’ailleurs est bien souvent la même chose. Car qu’est ce que le délinquant, si ce n’est un être soumis qui n’a d’autres armes que la violence et/ou la délinquance pour obtenir ce qu’il ne peut obtenir par ses connaissances et ses talents. Voler pour manger, pour s’acheter sa dose, voler pour vivre parfois tout simplement. Soumis car faible et influencé devant la perversité d’adultes et de réseaux qui trouvent là de petits soldats et de nouveaux revenus. Soumis devant les vices que ne manquent pas de leur accessibles certaines personnes mal intentionnées.
Oui ce n’est pas toujours facile de dire non à un enfant. Oui ce n’est pas simple de ne pas céder devant les larmes d’un enfant. Bien sûr qu’il est plus reposant – après une journée de travail particulièrement pénible – de céder aux caprices des enfants. Mais il s’agit d’un repos bien éphémère car chez un enfant, toute porte qu’on entrouvre est une porte qu’un jour il franchira.
Le respect des enfants envers les adultes – sur le long terme – ne tient pas dans celui qui a offert le plus de bonbons mais dans celui dont la personnalité est la plus crédible, celui qui ne change pas, celui qui ne ment pas mais aussi celui qui ne cède pas. Qu’on se le dise. L’enfant à besoin de repères, de piliers, d’ancres qui ne se détachent pas quand souffle la tempête.
Je fais partie de ces générations où l’éducation parentale était réelle. Bien sûr que sur le coup on acceptait difficilement les sanctions et les refus. Les coups étaient aussi nombreux et à la hauteur des conneries effectuées. L’univers scolaire aussi sanctionnait les bêtises. Tout comme plus tard l’Armée. Pour autant, mon corps n’a jamais eu recours à la chirurgie esthétique pour soigner d’éventuelles traces et moralement je pense avoir été armé pour affronter la société, la vie et le monde. Je leur en suis depuis éternellement reconnaissant.
La mode de l’enfant roi – si elle devait se poursuivre – ne ferait rien d’autre que d’engendrer des générations de petits guerriers. Et on sait comment cela finit par la suite…
Allez un peu de musique pour alléger ces propos...
Lucette vous souhaite un bon week end du 15 août.